Liverpool – FC Barcelone : les notes du match

Liverpool l’a fait. Battu 3-0 à l’aller au Camp Nou, le club de la Mersey a renversé le FC Barcelone 4 buts à 0. Les hommes de Jürgen Klopp joueront la finale de la Ligue des Champions.

A l’instar du FC Barcelone en 2017, de l’AS Roma en 2018 et de Manchester United cette saison, Liverpool rêvait aussi d’une fabuleuse remontada, un soir de Ligue des Champions. Battus 3-0 au Camp Nou à l’aller, les Reds avaient quand même fort à faire face à un Barça mené par un Lionel Messi inarrêtable en raison des forfaits de Mohamed Salah et de Roberto Firmino. Deux absents de poids puisque jamais le trio Mané-Origi-Shaqiri, choisi ce soir par Jürgen Klopp, n’avait été aligné ensemble. Et en face, les Blaugranas affichaient un groupe au complet. Pas de quoi mettre le moral des Reds en berne. Dans une enceinte d’Anfield chauffée à blanc, les partenaires de Virgil van Dijk ont immédiatement mis le pied sur le cuir et acculé les Catalans. Il n’a d’ailleurs pas fallu attendre bien longtemps pour voir les Culés trembler sur une première frappe croisée de Shaqiri qu’Henderson ne peut reprendre (1e).

Positionné en 4-4-2, le Barça a subi, mais n’a pas cherché à s’embêter en tentant des relances depuis sa défense. Dès qu’un ballon chaud arrivait aux abords de la surface, un grand dégagement vers l’avant suffisait. Un choix pour contrer la grosse intensité imposée par le club de la Mersey. Ce qui n’a pas empêché le plus mauvais scénario possible pour les Espagnols de se produire. Dès la 7e minute, Divock Origi a profité d’un excellent travail du duo Mané-Henderson pour ouvrir le score dans un but vide (1-0, 7e). Tout Anfield pouvait exulter. Sous l’eau, les coéquipiers de Lionel Messi ont bien cru boire la tasse et se noyer tant les vagues d’attaques adverses n’ont cessé de s’abattre sur leurs remparts défensifs.

L’entrée canon de Wijnaldum, le doublé d’Origi

Dix minutes intenses après lesquelles les champions d’Espagne ont retrouvé quelques couleurs avec des séquences de possession de balle. Mieux, ils auraient même pu tuer le suspense si Alisson n’avait pas sorti le grand jeu face à Messi (14e) et Coutinho (18e). Sans oublier le choix de Jordi Alba de servir Messi alors que le latéral barcelonais se trouvait seul face au portier des Reds (16e). La suite de la première période a alors été le théâtre d’un formidable jeu d’attaque-défense où chaque équipe a eu l’opportunité de planter ses banderilles. L’occasion pour Ter Stegen (23e) et Alisson (45e+4) de briller. A la pause, les Reds pouvaient donc encore croire au miracle. En tout cas, les Reds, eux, y croyaient. Et ils ont bien fait.

Comme en première période, les hommes de Klopp ont démarré ces 45 dernières minutes pied au plancher. Et cette fois-ci, à part des tentatives signées Suarez (51e) et Messi (68e), ç’a été un one man show de Liverpool. Complètement submergé, le Barça n’a que très rarement dépassé sa moitié de terrain. La maison culé branlait fortement, mais tenait encore. Et puis, un homme entré en jeu à la pause, Wijnaldum, a décidé qu’il était temps de lancer la machine. En deux minutes (53e 2-0, et 55e 3-0), le Batave a fait plier les Blaugranas sur un centre d’Alexander-Arnold et d’un joli coup de tête. La folie avait alors définitivement gagné Anfield. Et comme un symbole du match, c’est sur un corner rapidement joué par Alexander-Arnold qu’Origi a fait basculer cette rencontre dans l’irréel (4-0, 79e). Un an après la remontada de l’Olimpico, Barcelone a donc vécu celle d’Anfield. De son côté, Liverpool pourra rêver d’un nouveau sacre européen pour la deuxième année consécutive.

Homme du match : Origi (9) : celui qui remplaçait Firmino, blessé, a livré une prestation XXL ce soir, en transmettant des bons ballons, créant des espaces, faisant de bons appels dans la profondeur. C’est lui qui lance parfaitement la soirée de Liverpool en reprenant bien une frappe contrée d’Henderson, poussant le ballon au fond des filets de Ter Stegen (1-0, 7e), et marque le but de la qualification, en étant à la réception d’un corner joué rapidement par Alexander-Arnold (4-0, 79e).

Liverpool

Alisson (8,5) : quelle masterclass du portier brésilien ! C’est bien simple, il a tout simplement écœuré les attaquants barcelonais ce soir ! Il claque tout d’abord une tentative de Lionel Messi (14e), puis une frappe croisée de Coutinho (18e), avant de s’interposer de façon superbe devant Jordi Alba juste avant la mi-temps (45+4e), de se coucher sur un tir de Suárez (51e) et de bloquer une reprise de Messi en angle fermé (68e). Ses bonnes sorties aériennes en fin de partie ont également fait du bien à sa défense.

Alexander-Arnold (8,5) : parfois un peu bousculé par les attaquants du Barça en première période, le latéral droit a été très précieux à son équipe en deuxième mi-temps, que ce soit dans ses tâches défensives ou offensives. Il est à l’origine du premier but de Wijnaldum (2-0, 54e), en allant chercher la balle dans les pieds de Jordi Alba, avant d’adresser le centre pour le Néerlandais. C’est lui aussi qui a une inspiration géniale sur le but de la qualification d’Origi (4-0, 79e), en jouant rapidement un corner qui a surpris tout le monde.

Matip (8) : c’était lui le patron de la défense centrale de Liverpool ce soir, coupant bien les centres barcelonais, comme sur sa bonne intervention sur celui de Sergi Roberto (78e), et muselant Luis Suárez. Il a sauvé son équipe en début de partie en s’interposant devant Messi (16e), mais n’a rien pu faire sur une autre percée de la Pulga, étant obligé de le faucher pour arrêter sa course, ce qui lui a valu une biscotte de la part de l’arbitre (66e).

Van Dijk (7) : pas forcément au meilleur de sa forme au match aller, le défenseur néerlandais a été mieux ce soir, couvrant bien sa zone de jeu, sans être non plus énormément inquiété par les attaquants barcelonais, qui se sont peu infiltrés dans la surface de Liverpool. Il aurait pu marquer un très joli but mais Ter Stegen a repoussé sa talonnade (51e). En fin de partie, il a tenu la baraque lors de domination du Barça, comme sur ce bon dégagement sur un centre de Semedo (89e).

Robertson (5,5) : le latéral gauche a bien tenu sa zone, comme lorsqu’il a dégagé un centre de Rakitic (28e), mais n’a pas eu beaucoup d’occasions de s’illustrer offensivement, où il peut pourtant être très précieux, combinant peu avec Mané. Il a tenté une jolie frappe depuis son côté gauche, mais Ter Stegen s’est bien envolé pour repousser le cuir (23e). Un choc avec Luis Suárez (40e) l’a forcé à être remplacé par Georginio Wijnaldum (8,5) à la mi-temps. Quelle entrée du Batave ! Il s’est mué dans le rôle du sauveur en inscrivant deux buts coup sur coup, d’abord du pied à l’entrée de la surface (2-0, 54e), puis de la tête (3-0, 56e). Ses nombreux efforts par la suite ont permis à son équipe de réaliser l’exploit en demi-finale.

Fabinho (7) : le Brésilien a mis beaucoup d’engagement dans la partie, essayant de croquer les milieux barcelonais. Il s’est directement mis en jambe en stoppant une accélération de Messi (1ère), puis en cisaillant Suárez, ce qui lui a valu un carton jaune (11e). Bien présent dans les duels, où il a été placé au marquage individuel de Messi, il a souvent été à la limite de l’expulsion ce soir, mais a souvent fait les bons choix pour orienter le jeu de son équipe.

Henderson (8) : le capitaine des Liverpuldiens a été l’homme en forme des Reds en première période, en étant souvent dans le bon tempo et en accélérant le jeu de son équipe. C’est lui qui perce la défense catalane sur le but de Divock Origi (1-0, 7e), butant sur Ter Stegen, et sa seconde frappe a été contrée par Piqué (22e). Il a continué sur sa lancée dans le second acte, participant notamment au temps fort des siens au retour des vestiaires.

Milner (6,5) : le milieu de Liverpool n’a pas toujours eu les meilleures inspirations en première période, mais il a montré beaucoup d’envie dans son jeu. Repositionné dans le couloir gauche en deuxième mi-temps, après la sortie de Robertson, il s’est montré plus dangereux, débordant souvent sur son côté et apportant le surnombre dans le camp catalan.

Shaqiri (6,5) : le Suisse a connu deux périodes ce soir. Il a produit du déchet en première mi-temps, perdant de nombreux ballons ou envoyant des centres imprécis dans la surface barcelonaise. Mais son deuxième acte a été plus que réussi, où il a souvent apporté du danger sur son aile droite, n’hésitant pas non plus à décrocher pour se démarquer. Il adresse un centre parfait pour Wijnaldum sur la troisième réalisation des Reds(3-0, 56e). Remplacé par Daniel Sturridge (90e)en toute fin de match.

Mané (7,5) : le Sénégalais a, comme souvent, été très remuant sur son côté gauche, provoquant beaucoup la défense du FC Barcelone et faisant de très nombreux appels dans la profondeur. Il lance Henderson sur l’action du premier but de Liverpool, après avoir bien anticipé une passe en retrait d’Alba (7e). Remplacé par Joe Gomez (85e).

FC Barcelone

Ter Stegen (4) : en état d’alerte durant tout le match, l’Allemand n’a rien pu faire sur l’ouverture du score d’Origi (7e). Et s’il a multiplié les arrêts de grande classe (23e, 51e), il n’a rien pu faire sur les trois autres buts adverses. Complètement lâché par ses dix partenaires, comme sur le corner rapidement joué à l’origine du quatrième but des Anglais.

Sergio Roberto (2,5) : sa seule bonne action du match a été un retour sur Mané alors que le Sénégalais filait au but à la 49e minute. A failli provoquer un penalty dès la 10e minute. Le reste ? Rien.

Piqué (2,5) : le leader de cette équipe ne pensait pas revivre une remontada après le fiasco romain de la saison dernière. Et pourtant. Auteur d’une très bonne saison jusque-là, le Catalan a pris l’eau de toutes parts. Et comme un symbole, il a regardé, impuissant, Origi inscrire le quatrième but des Reds.

Lenglet (2,5) : le Français, comme toute la défense blaugrana, a vécu l’enfer. Mis sous pression dès la première minute du match, il a été débordé dans tous les sens. Souvent à contre-temps dans ses interventions.

Jordi Alba (3) : il regrettera sans doute longtemps son choix étrange de vouloir servir Messi à tout prix à la 16e minute alors qu’il se présentait seul face à Alisson. Ou sa passe pour l’Argentin que le portier des Reds a sorti (14e). Pour le reste, l’ancien Valencian a passé le plus clair de son temps à défendre dans son camp.

Busquets (3) : pris de vitesse, celui qui a l’habitude de jouer les régulateurs de l’entrejeu catalan n’a pas existé. Submergé par les vagues d’attaques adverses.

Vidal (4) : s’il ne fallait sauver qu’un Blaugrana ce soir, ce serait le Chilien. Dans un match à forte intensité où les duels étaient permanents, il est l’unique joueur du Barça à avoir répondu présent. Véritable guerrier, il a su mettre le pied quand il le fallait. Malheureusement pour lui, il s’est éteint au fil des minutes et c’est lui qui s’est fait devancer par Wijnaldum sur le but du 2-0. Remplacé par Arthur (74e).

Rakitic (2) : quel match catastrophique pour le Croate. Invisible, il n’a tout simplement servi à rien. Pas de vitesse, que des passes en retrait et des erreurs techniques à la pelle. Remplacé parMalcom (88e).

Coutinho (2,5) : il a bien eu une belle opportunité d’inscrire un but qui aurait libéré le Barça (18e), mais le Brésilien a été transparent durant la plupart du match. Souvent obligé de redescendre très bas pour gratter le cuir et venir prêter main-forte à Jordi Alba, il n’a eu aucun impact offensif. Remplacé par Semedo (60e).

Messi (3) : héros du match aller, l’Argentin pensait sans doute avoir fait le plus gros du travail pour hisser son équipe en finale. Mais à l’instar de ses partenaires, la Pulga a disparu des écrans radars. plutôt bien muselé, il a dû se contenter de quelques rares accélérations pour forcer la décision. Mais à chaque fois, Alisson est venu lui montrer qui était le plus fort (14e, 45e+3, 68e).

Suarez (2,5) : il se demandait comment Anfield allait le recevoir après sa célébration de l’aller. L’Uruguayen a rapidement été fixé. Hué, il ne s’est pas vraiment racheté en multipliant les coups de vice, histoire de casser le rythme et de pourrir la rencontre. Il faut dire qu’à part un duel perdu face à Alisson (51e), El Pistolero n’a quasiment rien eu à se mettre sous la dent.

Jonathan Charles

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